Un peu de nouvelles de la miellerie ” La Valniérette”.

masDuVieuxCmheminMiellerieFleurs masDuVieuxCheminBougieAbeillon

 

 

 

 

Bientôt la       

“Bougie Abeillon”

 

Saison satisfaisante mais compliquée pour diverses raisons: agressivité des abeilles, manque de matériel, printemps difficile dans les Cévennes, sécheresse accrue à Saint Victor, déferlement des frelons asiatiques dans les Cévennes, difficulté d’extraction du miel due à quelques jours de fraicheur figeant le miel dans les alvéoles….

Quelques chiffres: 3 ruches mortes, une production par ruche de 14 kg, 4 essaims récupérés dont 2 ne se sont pas développés, un très (très) bon miel de Saint Victor, un miel Cévenol de bonne facture limité en miel de printemps qui finalement n’a pas été récolté en tant que tel donc c’est bien du miel de Châtaignier, néanmoins moins fort que l’année dernière et enfin là où les années précédentes, je n’étais piqué que 2 à trois fois par an, cette année j’ai dépassé sans problème les dix piqures ..

La Surprise… : survient au moment où l’on ne s’y attend pas. Tant d’efforts pour quelques fois ne pas y arriver et là dans une ruche abandonnée car ayant subie des dégâts dus à la fausse teigne, un essaim s’est installé sans bruit et a rapidement construit les cadres qui lui manquait. Pour ceux que ça intéresse, sachez que de fait suite à des constructions “sauvages”, cette ruche n’a pu être exploitée en production (mis en place d’une hausse) car les constructions sont fixées au toit ! Belle intervention à prévoir au printemps où il faudra transférer l’intérieur de la ruche dans une autre en installant les rayons sur des cadres vides …

L’essaim de misère a…. : …essaimé ! Le 23 août 2019 j’avais cueilli un petit essaim d’abeilles noires sur un figuier proche de la Tour de l’Oume (Orme..) ST Victor La Coste. Si faible que bien souvent les apiculteurs rechignent à récupérer ces  essaims de fin de saison, plus dédiés à disparaître qu’à générer une nouvelle colonie. A ce jour, l’essaim a donné naissance à 4 autres essaims dont l’un a fourni 3 hausses de miel et un autre 2. Bon, il a fallut quand même leur courir après….

La blague…mais les plus courtes…. : A St Victor, une opération de démoustication était prévue suite à un cas d’infection du au moustique Tigre. Pour une fois les organisations ont fonctionnées  – de l’ARS au GDSA – et me voici averti directement. Il faut éloigner les ruches. Un terrain à 25 km de là – Castillon du Gard, merci Thomas – encore faut-il alléger des ruches en pleine production, les fermer, les transporter. Fait la veille du jour J, pour apprendre le lendemain que l’opération a été annulée car le diagnostic sur l’origine n’était pas
bon….. (la personne a attrapé la dengue en Martinique ! et non à ST VICTOR LA COSTE)  Retour à la case départ 8 jours après. Beaucoup de travail, de stress y compris pour les abeilles, mais sûrement un peu de miel de Castillon !

Le confinement …..à Saint Victor de 4 essaims, récupérés en 2019, du fait de l’invasion par le Frelon Asiatique du rucher Cévenol a permis leur maturité et leur première production de miel sur le village. Des abeilles 100% « cueillies » ou piégées sur ST VICTOR  LA COSTE, une zone de butinage sur la même commune, et voilà un miel de Printemps 2020 100% local.

Une bonne année ?: oui, mais finalement pas tant que cela. Les médias se sont fait l’écho d’une  forte production de miel dès la fin du printemps !  De plus cette récolte importante (?) est attribuée au confinement, alors qu’avant toute chose elle ne peut-être que le reflet
d’une météo favorable. En ce qui me concerne la production  moyenne de miel produit par ruche est de 14 kg, alors que celle spécifique à ST VICTOR LA COSTE est de 16 kg. Si le printemps à ST VICTOR a permis de faire une récolte importante fin juin, en revanche le miel
produit en été a été relativement faible. Dans les Cévennes, le printemps capricieux n’a pas permis de produire à proprement dit du miel de printemps, les fleurs d’acacia ayant été lavées par des pluies plus fortes qu’à ST Victor où l’acacia est très présent dans le miel. Pour clore le sujet, sachez qu’un rendement de 18 à 20 kg par ruche est jugé moyen à bon, à dire d’apiculteur….

Lui ne l’est pas :… en retard. Le frelon asiatique est bien présent aussi bien à ST VICTOR LA COSTE qu’à NOTRE DAME DE LA ROUVIERE..Encore du boulot, pour réaliser et mettre en place des protections, tout en augmentant le piégeage déjà en place. Gros
achats fin août en matériel divers pour contrer le frelon asiatique ……

Le prix du Miel : certains d’entre vous l’ont déjà remarqué, le prix du miel (mon miel..) a augmenté. Lors de mes balades ou courses, je vais au rayon du Miel pour y voir….tous les prix possibles que ce soit en Grande Distribution, épiceries ou marchés. Bien évidemment, il est difficile de comparer tous les miels à tous les prix en lisant toutes les étiquettes….Vous trouverez ci-après le lien d’une enquête sur le prix du miel en ….2014 (pas trouvé plus récent).
https://www.unaf-apiculture.info/IMG/pdf/cours_miel_detail_2014.pdf

Jamais aussi près : … d’aboutir ! En effet, une petite synthèse sur le participatif sera bientôt diffusée avec des propositions pour ceux que cela intéresse….

Plus rapide on peut.. : peut être ! Lors de la mise en ruche de mon premier essaim le 1er mai, provenant du fameux essaim du 23 août 2019, j’ai pris des photos pour ce qui reste un événement (au moins le premier essaim) C’est ainsi que preuves à l’appui, j’ai pu constater que entre le moment où les premières abeilles sont dans la ruche et celui où les premiers débris de cire sont expulsés de celle-ci (les abeilles nettoient les anciens cadres construits mis dans la ruche pour les mettre en confiance..) il ne s’écoule que dix minutes au
maximum, alors que de nombreuses abeilles n’ont pas encore intégrées la ruche !

Et le miel d’égouttement : ….c’est quoi ? Tu en as ? De mémoire mon premier miel d’égouttement se limitait à 14 pots issus exclusivement de l’égouttement naturel  du miel adhérant aux opercules enlevés au moment de l’extraction. Aujourd’hui, des cadres
entiers, sans feuille de cire du commerce viennent renforcer cette production particulière considérée comme le must du miel. Ce miel est comme celui que l’abeille consomme dans les alvéoles, du miel n’ayant subi aucune contrainte mécanique comme lors de l’extraction
classique. Le miel s’égoutte bien, même si cela peut lui prendre du temps et par là même celui de l’apiculteur. De plus les cadres qui vont aider à cette production sont entièrement construits par les abeilles cirières ce qui occasionne aux alentours de 8 kg de consommation de
miel par ces abeilles pour produire 1 kg de cire : le miel d’égouttement est plus cher…

Tout le monde en parle….: … mais cela n’est pas grand chose car dans l’air du temps. Barbara POMPILI, celle par qui les néonicotinoïdes étaient partis et celle par qui les néonicotinoïdes reviennent ! Que rajouter sinon que l’interdiction de ces pesticides venait mettre un peu plus (?) la filière sucrière française en difficulté depuis la fin des quotas en 2017 et la surproduction qui s’en est suivi entraînant la chute des cours…. Le puceron devient donc le bouc émissaire et par voie de conséquence c’est l’abeille qui, initiant l’interdiction des néonicotinoïdes, trinquera !
En attendant, je ne saurais trop vous conseiller d’essayer de consommer du sucre de betterave bio (oui, cela existe !). Seule cette démarche – choix du consommateur – permettra d’influer sur la consommation des néonicotinoïdes utilisés pour protéger la betterave.
Quant aux apiculteurs, certains nourrissent ponctuellement en fonction de l’état des réserves et d’autres très fréquemment pour stimuler les colonies d’abeilles avec essentiellement du sucre de ….betterave. Ainsi boucle-t-on la boucle, malheureusement. Alors que faire ?
Supprimer les pratiques productivistes, nourrir si besoin au sucre bio, mais aussi conserver une partie de la récolte précédente pour le nourrissement si nécessaire. Sans oublier de planter des plantes mellifères permettant d’augmenter les ressources alimentaires des
abeilles…..

https://www.bio-hautsdefrance.org/actualites-bio/du-sucre-de-betteraves-bio-made-in-hauts-de-france-bient%C3%B4t-labellis%C3%A9-%C3%A9quitable-une-alternative-au-sucre-de-canne-bio-unique-en-france/

http://www.itbfr.org/tous-les-articles/article/news/la-gestion-des-bioagresseurs-en-culture-de-betterave-biologique-1/

Merci à tous ! Vous êtes 48 personnes à avoir acheté déjà 59% des pots produits dont 91% des pots de miel de Saint victor La Coste !

Enfin, peut-être en pastichant l’auteure de La Pastorale, chère à certains d’entre vous, j’ai voulu fêter, à ma façon – apiculteur et voisin – les 90 ans d’une…vieille connaissance. Une petite scénette dont l’objectif était de sourire et de tourner en dérision une petite incompréhension à propos du refus d’acheter mon miel car bien trop…..liquide ! Bien entendu les abeilles n’étaient pas en reste…. extrait: ” Alors là, alors là…. C’est moi qui vais te dire que le miel du Vallat il est mauvais ? Tu manques pas de toupet. Tu achètes ton miel ailleurs et pas à moi, et moi je dois te dire s’il est bon ou pas ? Tu me prends pour qui, dis Honoré ? Si tu as des doutes, le miel, au lieu de l’acheter à Valleraugue, tu l’achètes ici, chez nous, aux abeilles qui sont devant ta maison ! Voilà, maintenant, j’ai du travail. Au revoir

Je termine en vous souhaitant bon courage pour cette période qui nous éloigne les uns des autres, qui modifie nos habitudes et qui n’a peut-être jamais été aussi inquiétante.

Enfin, la lettre de la Valniérette est proche de changer de forme…ou de disparaître

Portez vous bien et portez votre masque !

Alain